Tous mes amis sont heureux de sortir Pour visiter la ville de Narbonne. D’avoir le quartier libre ça fait plaisir Et au cantonnement il n’y a plus personne. La fête est belle, tout le monde est dehors De me voir à Narbonne je suis plus triste encore.
De visiter la ville ne m’intéresse Et je me fous d’aller à la cantine. Pour manger quelque chose après la messe J’appelle le cabot de la cuisine. Et l’on m’apporte pour faire le réveillon Quelques sales carottes dans un peu de bouillon.
En ce moment le cafard me tracasse Et dans mon lit je ne peux m’endormir. Je m’en vais m’allonger sur la paillasse En rêvant au beau coin de mes désirs. J’entends les cloches de mon aimé pays Et la foule s’approche à la messe de minuit.
Il me semble de voir les capelle Remplies de jeunes filles au frais visage, J’entends chanter Tu scendi dalle stelle Par de vieux paysans de mon village. Leurs voix résonnent jusqu’au fond de mon cœur. De me voir à Narbonne ce n’est pas mon bonheur.
Je me rappellerai de l’an quarante Durant toute la durée de ma vie Et c’est avec tristesse que je chante Mes plus sentimentales poésies. Même à la nage je serais bien content D’aller à mon village joyeux comme un printemps